lundi 29 juillet 2013

Lumières d'août - William Faulkner (1932)

Si Lena part sur les routes du sud des States à pied c'est pas pour égaler le record d'Alain Mimoun. Enceinte jusqu'aux yeux d'un galapiat nommé Lucas Burch, qui s'est barré une fois en avoir bien profité, elle s'est mise en tête que son départ n'avait pour objectif que d'amasser du blé pour fonder une famille. Sauf que le Burch s'en branle, qu'en fait il s'appelle Brown, qu'il s'est mis à la colle avec un dénommé Christmas, mulâtre pas très causant, ni très liant si l'on en croit ses collègues de la scierie dans laquelle il atterrit. Mais à force de tout faire à l'avenant, Brown se retrouve embringué dans une affaire de meurtre. Il est question aussi d'un prêtre défroqué, devenu conseiller et d'un cœur d'artichaud qui tentera tout pour que Lena retrouve son amant d'un jour.  
Lumières d'août passerait presque pour une bluette du dimanche n'était l'image de fonds des états du sud ségrégationnistes qui hantent ses pages. Ici le concept d'identité, la problématique et les réactions qu'elle suscite par la simple idée que Christmas a du sang noir, sont au cœur d'un bouquin pas évident à feuilleter. Rejeté par la communauté blanche, ne se sentant pas davantage appartenir à la noire, il erre comme une âme damnée, incapable de trouver le repos jusqu'à commettre l'irréparable. Viennent alors se croiser  plusieurs histoires qu'il est pas toujours facile de relier entre elles et dont on a du mal à percevoir le bien-fondé le tout mis en forme dans d'interminables flash-backs narratifs, alourdissant un récit bien monotone.

mardi 2 juillet 2013

Une odyssée américaine - Jim Harrison (2008)

Les bouseux du Montana n'aiment pas la ville et encore moins sortir de leur état. Et si Cliff prend ses cliques et ses claques c'est pas pour aller camper sur les pentes du Mont Rushmore. A soixante balais bien tassés, c'est à regret qu'il quitte pour un mois sa vie pépère à la ferme qu'il a entretenue avec sa femme Vivian durant vingt ans après un passé de professeur d'université. Aujourd'hui la donne a changé. Vivian s'est barré avec un autre et Cliff se retrouve confronté à lui-même, à sa propre vie, à ressasser dans sa tête ce qui n'a pas marché. Afin de ne pas tourner en rond à la maison il part en vadrouille, dézinguer le puzzle de sa vie dans les 58 états que comptent les USA, amenant au passage dans ses bagages Marybelle, une de ses anciennes étudiantes avec qui il a entretenu une relation épistolaire et dont les retrouvailles seront moins platoniques.
Et nous voilà donc partis dans un road-trip pépère dont Harrison a le secret. Un voyage mêlé de leçons de botanique et d'ébats lascifs furieux, où les fautifs présumés ne le sont pas toujours, où les innocents s'avèrent l'être moins qu'il n'y paraît, où les plus déluré(e)s peuvent en fait cacher une profonde blessure. Harrison nous trimballe d'état en état pour revenir en fait sur les causes de cette rupture et faire connaissance avec cette famille. Les contours en sont flous et c'est en cherchant à fuir son passé que Cliff s'y trouvera le plus confronté. Une odyssée américaine n'a pas la fraîcheur de liberté beat generation d'Un beau jour pour mourir, ni la nostalgie de Dalva, mais le lecteur y trouvera la teneur gentiment désabusée et fataliste d'un film de Woody Allen.